23 septembre 2021 • News par Marketing Skaleet

Pourquoi les néo-banques doivent-elles déjà se ré-inventer ? 🤔

La crise n’aura pas enrayé la dynamique de création de néo-banques. L’an dernier, plus de 70 nouvelles banques digitales ont vu le jour à l’international selon un recensement du cabinet spécialisé Exton Consulting, soit autant qu’en 2019. Une tendance à laquelle n’a pas échappé la France, comme en témoignent les récents lancements de Memo Bank et d’Helios. Au total, ce sont ainsi près de 320 néo-banques qui ont aujourd’hui pignon sur le web dans le monde, dont un tiers en Europe. 

Une absence de licence bancaire problématique

Signe apparent de bonne santé du secteur, cette effervescencemasque toutefois une réalité plus contrastée. Car dans le même temps, plusieurs de ces acteurs ont en effet été contraints de mettre fin à leur activité, à l’image de Morning et Ditto dans l’Hexagone, de la filiale de RBS baptisée Bo ou encore de Xinja en Australie. En parallèle, certaines néo-banques de premier plan ont vu leur capitalisation fondre ces derniers mois, à l’image de Monzo (- 40 %), tandis que d’autres ont dû licencier une partie de leurs équipes pour faire face à l’érosion de leurs revenus, comme Revolut. Il est vrai qu’avec l’arrêt des voyages et la chute de la consommation observés lors des périodes de confinement, les commissions que les néo-banques facturent dans le cadre notamment de paiements par carte se sont effondrées. En outre, celles qui se sont spécialisées sur la clientèle de professionnels ont pâti d’un autre facteur : ne disposant pas, pour la quasi-totalité d’entre elles, de licence bancaire, elles n’ont pas pu octroyer de financements (lignes de trésorerie, Prêts garantis par l’Etat…), un problème à un moment où les chefs d’entreprise cherchaient à sécuriser leur trésorerie. 

Pour autant, la pandémie n’explique pas tout. Peinant le plus souvent à se démarquer de la concurrence en matière d’offre(compte bancaire, carte de paiement gratuite, livrets d’épargne rémunérés), beaucoup de néo-banques ne parviennent pas, même après plusieurs années d’existence, à atteindre le rythme de conquête de nouveaux clients espéré. Ce malgré les avantages pécuniaires qui leur sont attribués (versement d’argent, taux boostés…). En la matière, le récent scandale Wirecard, cette fintech allemande qui s’était imposée comme un acteur phare du secteur des paiements mais qui a été confondue pour avoir manipulé ses comptes durant plusieurs années, n’a pas aidé à créer un élan de confiance…

Des activités le plus souvent déficitaires 💳

Pour ne rien arranger, le catalogue de produits relativement réduit des néo-banques amène leurs utilisateurs à être peu, voire pas, actifs. Comme le constatait l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution dans une étude portant sur les néo-banques françaises, la quasi-totalité de leur produit net bancaire provient de 20 % seulement de leurs clients ! De quoi peser sur leur rentabilité. D’après l’ACPR, chaque client générait pour les intéressées une perte médiane de 20 euros en 2019. Une situation loin de se limiter à la France puisque le cabinet Business Insider Intelligence estimait ce montant à 11 dollars par utilisateur dans le monde. Une situation intenable sur la durée.

Pour survivre, bon nombre de néo-banques n’auront donc pas d’autre choix que de repenser leur modèle. Dans ce contexte, l’une des options pourrait consister en l’obtention d’une licence bancaire,de manière à défier plus frontalement les établissements traditionnels via la fourniture de crédits. Mais un tel agrément viendrait renforcer leurs contraintes réglementaires et, par là-même, renchérir leur coût de fonctionnement, ce qui fragiliserait des business models reposant sur la distribution de services à bas coût. D’autres alternatives semblent en revanche plus plausibles. L’une d’elles viserait à élargir le contenu de leur offre, en y intégrant par exemple des services non financiers. Les néo-banques pourraient en ce sens s’inspirer de l’initiative de l’établissement bancaire singapourien DBS, qui a lancé une place de marché sur laquelle ses clients peuvent acheter des voitures ou réserver un voyage. Une autre solution serait de se transformer en simple fournisseur de services pour le compte de banques, lesquelles utiliseraient leur technologie en marque blanche afin d’en faire profiter leurs propres clients. 

Un secteur en voie de consolidation 👀

Dans cette logique, des rapprochements capitalistiques avec des acteurs ayant déjà atteint une taille critique pourraient enfin se multiplier à l’avenir. Il pourrait s’agir de banques, à l’image de la prise de participation de la Société Générale au capital de Shine l’an dernier, mais aussi de Big Tech. En la matière, le géant chinois Tencent, propriétaire de la solution de paiement WeChat, a déjà fait état de ses velléités de développement en dehors de ses frontières en devenant actionnaire de quelques fintechs ou néo-banques européennes, dont Lydia, N26, Viva Wallet et Qonto. Autant d’opérations qui laissent présager, à terme, une consolidation du marché des néo-banques.

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